Mosaïque d’écosystèmes et de milieux de vie 

Connaissez-vous ces milieux ?

La biodiversité c’est la variété des milieux de vie (forêts, zones humides, prairies, lacs) et des interactions complexes qui s’y jouent. À ce titre, la région Bourgogne-Franche-Comté se distingue par une mosaïque de milieux naturels abritant des espèces aux exigences écologiques spécifiques. Ces zones à enjeux aussi nommées points chauds (hotspot) de la biodiversité, peuvent revêtir un caractère irremplaçable.

La Bourgogne-Franche-Comté est la cinquième région française pour sa surface boisée. Les nombreux usages des forêts (stockage de CO², réservoir écologique, production de matériaux etc.) lui confèrent un statut de multifonctionnalité.

La région se caractérise par différents milieux forestiers : majoritairement les forêts de plaine et de basses altitude composées de feuillus (Chênes sessile, Hêtre, Charme…). Il existe aussi des forêts de zones humides, plus rares mais plus denses en biodiversité ou encore les forêts montagnardes, composées essentiellement de conifères (Sapin pectiné, Épicéa commun…).

En tout, 98 typologies de forêts différentes participent à la multitude d’habitats, garants de la préservation de la biodiversité.

Le saviez-vous ?

1/3

Du territoire de Bourgogne-Franche-Comté est composé de forêt

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Les acteurs principaux pour vous accompagner à préserver ces milieux : ONF, CNPF, CEN, OFB, URACOFOR … Consulter l’annuaire

Zoom sur : Le retour fragile du fantôme des forêts

Le Lynx boréal a progressivement disparu du territoire français entre le 17ème et le début du 20ème siècle. De retour dans les années 1970, le lynx est présent dans les massifs des Vosges, du Jura et des Alpes, mais la population nationale reste classée « en danger » selon les critères de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Cette population continue à faire face à des menaces et à des freins à son développement sur le territoire national. L’espèce est aujourd’hui identifiée comme prioritaire pour l’action publique, elle est concernée par un Plan National d’Actions ( en savoir plus ).

Milieux humides et riches de basse altitude caractérisés par leur situation en bord de cours d’eau.
Les alluvions sont des dépôts de sédiments amenés lors des inondations qui fertilisent les plaines. Régulièrement remaniés par les crues, ce sont des milieux luxuriants mais sensibles aux espèces exotiques envahissantes. Biologiquement très productives, ces plaines ont attiré de nombreuses populations d’éleveurs et d’agriculteurs.
Les écosystèmes alluviaux sont dépendants d’une bonne qualité d’eau et de la capacité de mouvement de leur lit.
En effet, trop artificialisées, les rivières sont figées et perdent leur propriété fertilisante.

Le saviez-vous ?

26,7%

des milieux humides soumis à des atteintes fortes ou très fortes

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Les acteurs principaux pour vous accompagner à préserver ces milieux : Syndicats Mixte de Bassin, EPTB, Agences de l’Eau, OFB, SHNA-OFAB, LPO BFC, FDC … Consulter l’annuaire

Zoom sur : la Loutre d’Europe présente sur le territoire

Beaucoup d’oiseaux viennent se reproduire dans les berges ou sur les bancs de sables et galets naturels, d’autres s’y arrêtent pendant la migration. Les Castors d’Europe cohabitent avec les nombreux poissons d’eau douce.

La Loutre d’Europe est également de retour en région. Longtemps considérée comme une espèce « indésirable », un arrêté protège l’espèce en France depuis 1981. Les mouvements de recolonisation naturelle observés ces dernières années permettent de rester raisonnablement optimiste quant à l’avenir de la loutre à l’échelle nationale. Propriétaires de terrains (privés ou publics) vous pouvez agir pour cette espèce.

Ces écosystèmes de milieux humides se caractérisent par un sol pauvre saturé en permanence d’une eau stagnante ou très peu mobile. C’est un milieu contraignant qui force les espèces à s’adapter, créant une grande diversité. Elles ont longtemps été considérées comme inutiles alors qu’elles forment un formidable réservoir de biodiversité et qu’elles constituent d’importants puits de carbone.
De ce fait, un grand nombre ont été drainées pour l’agriculture et l’urbanisation ou exploitées pour le chauffage et la fabrication de terreau. De plus, les tourbières dégradées constituent lorsqu’elles s’assèchent des sources de carbone. 

Le saviez-vous ?

3,37

En BFC, le volume de tourbe a été estimé à 67 588 000 m³ soit 3,37 millions de tonnes de carbone, concentré sur 0,0008% du territoire

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Les acteurs principaux pour vous accompagner à préserver ces milieux : CEN, CBN BFC ORI, FDC, PNR Consulter l’annuaire

Zoom sur : un florilège d’espèces végétales et animales

Dans les tourbières, certaines plantes ont évolué pour adopter un régime carnivore et les reptiles y sont généralement plus sombres que dans d’autres environnements pour se réchauffer plus facilement. Le Lézard vivipare possède une molécule « antigel » pour supporter les températures négatives des tourbières. Certains végétaux se forment en mottes arrondies appelées touradons, de 40 à 100 cm afin de ne plus avoir les racines dans l’eau.

Le Cuivré de la bistorte, classé «en danger», est un petit lépidoptère que l’on trouve dans seulement quelques départements français dont les Vosges, le Doubs et le Jura.

Ce sont des milieux historiques, particulièrement structurants des paysages de Bourgogne-Franche-Comté. Composés à la fois de haies, de talus, de fossés, de parcelles agricoles et d’élevages, ou de cours d’eau, les bocages sont une mosaïque de milieux qui intéragissent les uns avec les autres.
La prise de conscience de l’intérêt de la préservation du bocage est aujourd’hui collectivement partagée. Élus, citoyens et agriculteurs savent que la structure bocagère est essentielle du point de vue culturel, écologique et économique. Depuis les années 1960, l’intensification de l’agriculture, l’étalement urbain et la création d’un réseau dense d’infrastructures de transport ont conduit à une réduction de ce paysage caractéristique. 

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23 500

km/an, de diminution de haie estimée en France entre 2017 et 2021 (AFAC, 2023)

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Les acteurs principaux pour vous accompagner à préserver ces milieux : Le réseau Bocages et haies d’ALTERRE, FDC, ONF, AFAC … Consulter l’annuaire

Zoom sur : pourquoi les haies sont importantes ?

La faune sauvage trouve des abris et des refuges saisonniers, des lieux de nidification, des ressources alimentaires, des corridors biologiques dans les haies bocagères. Les reptiles, comme la Vipère péliade, utilisent ces continuités de haies pour se déplacer, s’abriter ou encore chasser. Les fleurs de l’Aubépine et du Prunellier sont essentielles à la nourriture des insectes à la sortie de l’hiver, leurs fruits et ceux de la Ronce et de l’Églantier sont les principales sources de nourriture pour les oiseaux. Grâce à l’effet microclimatique du bocage, les haies contribuent (en conditions non extrêmes) au bien-être des animaux d’élevage en les protégeant des intempéries et de la chaleur, améliorant ainsi les rendements (lait, viande). En savoir plus

Dans cet espace très structuré, les espèces ont trouvé leurs stratégies d’adaptation. L’épanouissement de ces formes de vie, nous garantissent en partie, une bonne qualité de l’air, de l’eau et une régulation de la température.
La biodiversité urbaine est également source de bien être, de santé physique et psychique pour les résidents. Les conditions ne sont toutefois pas faciles pour toutes les espèces : pollution élevée, perturbation du sol, régime hydraulique modifié, effet d’îlot de chaleur urbain, propagation de virus etc.
Il est nécessaire de prendre en compte, protéger et développer durablement la biodiversité de nos villes. Les Atlas de la biodiversité communale (ABC) permettent aux communes et intercommunalités de mieux connaître, de préserver et de valoriser cette biodiversité locale. En savoir plus

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181

espèces de pollinisateurs observées à Dijon grâce à un plan pour la biodiversité en ville

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Les acteurs principaux pour vous accompagner à préserver ces milieux : DREAL BFC, OFB, Agences Urbanisme, CEREMA, FNE, URCPIE Consulter l’annuaire

Zoom sur : des espèces adaptées aux zones urbaines

En ville, les espèces généralistes peuvent s’adapter pour vivre en zone urbanisée, c’est le cas du Pigeon ramier, de la Corneille noire ou encore du Geai des chênes. Les jardins publics et privés, les balcons fleuris, les toits et murs végétalisés constituent des îlots ou refuges.

D’autres espèces modifient leurs habitudes pour vivre à nos côtés : certaines chauves-souris chassent sous les lampadaires, les oiseaux modifient leur régime alimentaire, et des petits mammifères hibernent moins longtemps.

En région, l’agriculture en milieux secs et caillouteux est marquée par la culture de la vigne et des grandes cultures (blés, orge etc.).
On compte plus de 4 800 exploitations spécialisées en grandes cultures, installées dans des zones où les arbres champêtres et les haies ont laissé place à des paysages ouverts. Les vignes, elles, couvrent 29 000 ha en Bourgogne et 2 000 ha dans le Jura.

Néanmoins la production biologique, en très fort développement dans la région, pourrait permettre de mieux prendre en compte les enjeux de santé, de biodiversité et la restructuration des paysages. 

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+ de 4800

exploitations spécialisées installées dans des zones où les arbres champêtres et les haies ont laissé place à des paysages ouverts

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Les acteurs principaux pour vous accompagner à préserver ces milieux : Région BFC, LPO BFC, EPTB … Consulter l’annuaire

Zoom sur : des partenariats avec les agriculteurs

Parmi les espèces que l’on retrouve dans ces milieux, l’Oedicnème criard est un oiseau doté d’un plumage couleur terre, difficile à repérer sur les terrains pierreux qu’il fréquente. Son nom vient du fait qu’il émet des sifflements sonores la nuit. L’œdicnème pond ses œufs à même le sol dans les champs de tournesol, de maïs, de pois ou dans les vignes. Cela le rend très vulnérable aux travaux agricoles de binage, de désherbage mécanique ou de traitements.

En accord avec l’agriculteur, des piquets bien visibles sont placés à côté des nids par des associations pour protéger les œufs. Ceci permet aux agriculteurs de les repérer facilement et de les contourner avec leur engin agricole.

Les pelouses sèches il en existe de nombreux types qui s’expriment en fonction des climats, de l’altitude, de la nature du sol et du sous-sol, et du type de traitement (fauche,
pâture). Des conditions difficiles empêchent certaines pelouses d’évoluer vers une forêt, mais d’autres ont tendance à s’enfricher. Sans les activités humaines telles que le pâturage des troupeaux, celles-ci se transformeraient et il n’y aurait donc plus les mêmes espèces présentes. Ces milieux constituent un réseau complexe de sites présentant une mosaïque d’habitats naturels, ils recèlent de nombreuses espèces à très forts enjeux pour la région, dont certaines sont particulièrement rares ou d’intérêt patrimonial.

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26%

Les pelouses sèches abritent 26 % des plantes protégées en France et environ 30 % des végétaux connus sur le territoire métropolitain

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Les acteurs principaux pour vous accompagner à préserver ces milieux : CEN, CBNFC ORI … Consulter l’annuaire

Zoom sur : un réservoir de biodiversité unique

Ces pelouses sèches abritent une flore diversifiée, constituée d’orchidées, mais aussi d’autres plantes, parfois aux affinités méridionales comme l’Ophrys abeille. Ces grands espaces ouverts parsemés de buissons et bosquets accueillent des oiseaux typiques de ces milieux (Bruant jaune, Alouette des champs…) et une forte population d’orthoptères (sauterelles, criquets…). Ces milieux restent également des habitats privilégiés pour différentes espèces de papillons. Par exemple, le Damier de la succise dépendant d’une plante la succise, bénéficie d’un statut de protection national. La rareté de certaines des espèces rencontrées dans ces milieux et leur présence confèrent à ces pelouses un intérêt écologique particulier qu’il convient de préserver.

Dans ces lieux aux conditions particulières (Milieux souterrains, habitats obscurs et humides de type grottes, cavernes, galeries etc.) la biodiversité a développé des adaptations morphologiques et physiques. On trouve chez ces espèces, une absence totale ou partielle de vue, une dépigmentation de la peau ou une absence de chlorophylle pour les végétaux, un allongement des membres et des organes sensoriels ou un ralentissement du métabolisme. Les scientifiques ont établi grâce à la spéléologie biologique, l’étude du monde vivant à l’intérieur des cavités terrestres, que les animaux hypogés (vivant sous terre) ont évolué à partir des animaux épigés (vivant à la surface).

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28

Espèces sont présentes en région sur les 34 espèces Françaises

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Les acteurs principaux pour vous accompagner à préserver ces milieux : DREAL, CEN, CPEPESC … Consulter l’annuaire

Zoom sur : des espèces très sensibles aux perturbations

Lorsqu’une espèce est très fréquente dans le milieu souterrain mais qu’elle n’y passe pas toute sa vie, on parle d’une espèce troglophile.
C’est le cas pour le Rhinolophe euryale : une espèce de chauvesouris fer à cheval des grottes de BFC. Le terme fer à cheval vient de la forme de son museau ou « sa feuille nasale ». Cette morphologie faciale lui permet d’émettre des ultrasons par le nez plutôt que par la bouche. Son sonar d’écholocalisation lui permet de se déplacer dans l’obscurité et de chasser les papillons de nuit. 

Grenouille rousse

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