Type d’indicateur (DPSIR) :
État
Question clé :
Quel est l’état de la biodiversité sur le territoire ?
Question posée par l’observatoire :
Quelles sont les caractéristiques et la situation des espèces présentes sur le territoire ?
Contexte
Les espèces sauvages sont soumises à de nombreuses pressions qui peuvent entraîner une diminution des populations, une contraction de leur aire de répartition et, dans les situations les plus critiques, leur disparition.
Les listes rouges permettent d’évaluer le risque d’extinction des espèces selon une méthode commune établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Elles constituent un outil de référence pour identifier les espèces les plus fragiles, hiérarchiser les enjeux de conservation et orienter les politiques publiques.
Toutes les espèces connues n’ont cependant pas encore fait l’objet d’une évaluation. L’indicateur renseigne donc l’état des groupes taxonomiques disposant d’une liste rouge, et non celui de l’ensemble de la biodiversité régionale.
En chiffres
Définition de l’indicateur
Dans le domaine des familles d’espèces animales et végétales, ces référentiels sont essentiels pour organiser et clarifier la diversité des noms et des statuts utilisés.
Suite à l’acquisition massive d’informations, tant en ligne que sur le terrain, le désir ou le besoin de partager ces connaissances se confronte rapidement à l’exigence de parler un langage commun et de disposer de référentiels standards.
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Le statut d’une espèce englobe divers aspects de sa biologie, de sa population, de son habitat, ainsi que des menaces ou des pressions auxquelles elle peut être confrontée.
Il peut être évalué pour aider à comprendre la santé et viabilité d’une population d’organismes dans leur environnement.
Comment évaluer son statut de menace ?
Une espèce menacée ou espèce en voie d’extinction/disparition, est une appellation générique qui s’utilise pour les espèces susceptibles de disparaître dans un avenir proche. Plus spécifiquement, il s’agit d’un statut de conservation utilisé par la Liste rouge de l’UICN pour regrouper les catégories « en danger critique », « en danger » et « vulnérable ».
Le statut de conservation d’une espèce est une donnée qui fait référence à l’évaluation de la situation dans laquelle se trouve la population d’une espèce. Cette évaluation permet de décrire l’ampleur du risque d’extinction de l’espèce à un instant donné.
Elle repose sur des critères spécifiques qui prennent en compte divers aspects de la biologie de l’espèce, de sa démographie, de son habitat, et des menaces qui pèsent sur elle. Ces évaluations sont généralement effectuées par des experts en conservation, des biologistes de la faune et d’autres scientifiques. Le statut de conservation d’une espèce est susceptible d’évoluer en fonction de l’augmentation ou de la diminution des menaces qui pèsent sur son existence. Ce statut est donc réévalué périodiquement, au moyen de systèmes rigoureux d’évaluation des risques.
Les organisations de conservation utilisent souvent des listes rouges pour classer le statut de conservation des espèces. La Liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) est la plus largement utilisée. Les catégories de la Liste rouge de l’UICN sont classées dans l’image ci-contre.
Qu’est-ce que la Liste rouge ?
La Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est une évaluation mondiale des risques d’extinction des espèces. Elle sert à identifier les priorités pour la conservation, à mesurer les progrès réalisés et à relever les défis pour protéger la biodiversité.
Cet inventaire est le plus complet au niveau mondial pour évaluer l’état de conservation des espèces végétales et animales. Il repose sur des critères rigoureux, applicables à toutes les espèces et régions du globe, pour déterminer le risque d’extinction.
Basée sur une expertise scientifique solide, la Liste rouge de l’UICN est largement reconnue comme la référence la plus fiable pour évaluer les menaces pesant sur la biodiversité. Son objectif principal est d’orienter les actions prioritaires, de sensibiliser le public et les décideurs aux enjeux urgents de conservation, et de mobiliser l’ensemble des acteurs pour réduire le taux d’extinction des espèces.
Une méthode scientifique éprouvée permet de décliner la Liste rouge de l’UICN aux échelles européennes, nationale et régionale. Les Listes Rouges établies par des acteurs régionaux permettent de dresser un état des lieux de la biodiversité à l’échelle du territoire, en caractérisant le degré de menaces qui pèse sur les groupes d’espèces étudiés (taxons).
Qu’est-ce que TaxRef ?
TaxRef est le référentiel taxonomique national des organismes vivant en France métropolitaine et d’outre-mer, élaboré et diffusé par le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) dans le cadre de la mise en œuvre du Système d’Information de l’iNventaire du Patrimoine naturel (SINP). Ce référentiel a pour but de lister et d’organiser les noms scientifiques de l’ensemble des êtres vivants recensés sur le territoire. TaxRef est consultable et téléchargeable sur le site internet de l’Inventaire national du Patrimoine naturel (INPN) coordonné par le MNHN.
Les objectifs du référentiel taxonomique sont de :
- donner un nom scientifique unique non ambigu pour chacune des espèces de France qui soit consensuel aux niveaux national et international
- permettre une interopérabilité entre les jeux et bases de données
- gérer les évolutions taxonomiques et des nomenclatures dans les données concernant ces espèces (suivi et gestion de la synonymie et de la hiérarchie taxonomique)
TaxRef est une pièce du dispositif d’information sur la nature en France, qui permet de communiquer tant au niveau des personnes que des ordinateurs grâce à l’utilisation de normes communes de références. Il rend les bases de données interopérables. Il permet de répondre rapidement, par simple requête, à des questions telles que : combien y a-t-il d’espèces d’insectes en France, quelles sont les données qui concernent tel taxon etc.
Non. Le classement en liste rouge est une évaluation scientifique du risque d’extinction. Il ne constitue pas, à lui seul, un statut réglementaire de protection.
Certains groupes sont encore insuffisamment connus ou ne disposent pas des données nécessaires pour appliquer les critères de l’UICN. Acquérir ces données demande du temps et des moyens financiers. Les oiseaux, les mammifères ou la flore sont généralement mieux documentés que de nombreux groupes d’invertébrés, de champignons ou de microorganismes. Ceci s’applique également pour les Listes Rouges régionales.
Résultats
Plus de 1 espèce évaluée sur 4 est menacée

En 2024, parmi les 7 033 espèces évaluées en BFC, 1 968 sont classées menacées, soit 28%
Cette proportion ne peut pas être généralisée automatiquement aux 20 226 espèces recensées dans la région. En effet, seules 35 % des espèces connues ont fait l’objet d’une évaluation. Les espèces non évaluées appartiennent notamment à des groupes pour lesquels les connaissances sont encore fragmentaires.
Quelles espèces menacées?
Une espèce menacée ou espèce en voie d’extinction/disparition, est une appellation générique qui s’utilise pour les espèces susceptibles de disparaître dans un avenir proche. Plus spécifiquement, il s’agit d’un statut de conservation utilisé par la Liste rouge de l’UICN pour regrouper les catégories « vulnérable », « en danger » et « en danger critique ».

Espèces menacées par taxons
Une forte proportion d’espèces menacées (catégories CR, EN et VU) indique un important risque d’extinction au sein du groupe taxonomique évalué.
Certains groupes taxonomiques sont plus menacés que d’autres : les oiseaux nicheurs, les amphibiens et les mousses sont les taxons présentant le plus fort taux de menace avec des proportions d’espèces menacées autour de 37 %.
À l’inverse, certains taxons ne semblent pas trop menacés comme les mollusques ou les arachnides.
Notons toutefois que certains taxons, comme les oiseaux, disposent d’un niveau de précision des connaissances sur l’état des populations plus important que pour d’autres, comme les insectes par exemple. Cela peut influer sur la catégorisation de certaines espèces, qui peuvent être considérées comme menacées à la faveur de suivis plus précis. Les comparaisons brutes des proportions d’espèces menacées entre les taxons doivent donc être prises avec précaution.

Situation mondiale

44 016 espèces sont classées menacées dans la dernière édition de la Liste rouge mondiale (version 2023.1), sur les 157 190 étudiées.
Parmi ces espèces, 41% des amphibiens, 12% des oiseaux et 26% des mammifères sont menacés d’extinction au niveau mondial. C’est également le cas pour 37% des requins et raies, 36% des coraux constructeurs de récifs et 34% des conifères.
Dans cet état des lieux, la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées : au total, 2 268 espèces menacées au niveau mondial sont présentes sur son territoire, en métropole (chiffres) et en outre-mer (chiffres). En BFC on peut trouver 133 espèces menacées dans le monde.
À propos de l’indicateur
Une dynamique partenariale

Méthode de calcul de l’indicateur
L’indicateur « Part des espèces menacées sur le territoire régional » correspond au pourcentage des espèces classées en catégorie menacée d’extinction (CR, EN, VU) à l’échelle régionale, pour chaque taxon, par rapport au nombre d’espèces évaluées.
Pour les taxons de faune considérés individuellement (oiseaux, mammifères, amphibiens, etc.) : Nombre d’espèces menacées d’extinction (CR, EN, VU) / Nombre total d’espèces évaluées x 100
Pour la flore, les champignons et la faune tous taxons confondus : Nombre d’espèces menacées d’extinction (CR, EN, VU) / (Nombre total d’espèces évaluées – DD – EX) x 100
Fiabilité, pistes d’amélioration, limites
- Seuls les groupes ayant fait l’objet d’une liste rouge sont représentés.
- Les listes ont été produites à des dates différentes.
- Certaines évaluations portent encore sur les anciennes régions Bourgogne et Franche-Comté.
- Le niveau de connaissance varie fortement entre groupes taxonomiques.
- La comparaison entre groupes peut être influencée par les différences d’effort de connaissance.
- L’évolution du résultat entre deux éditions peut provenir d’une modification du périmètre évalué et pas uniquement d’une évolution réelle de l’état des espèces.
- L’indicateur mesure un risque d’extinction, et non directement l’abondance des populations.
- Une espèce menacée à l’échelle régionale ne l’est pas nécessairement à l’échelle nationale ou mondiale, et inversement.
Fréquence d’actualisation de l’indicateur
Au rythme de l’actualisation des listes rouges, c’est-à-dire tous les cinq à dix ans.
Méthode d’élaboration des listes rouges
Pour établir les listes rouges, la méthodologie consiste à collecter les données disponibles sur un pas de temps allant de 10 à 100 ans (selon les espèces considérées) pour chacune des espèces étudiées. À partir de ces données, l’évaluation de la situation des espèces s’effectue au regard de cinq critères, qui reposent sur des facteurs biologiques associés au risque d’extinction des espèces, comme la taille de la population de l’espèce, son taux de déclin, la superficie de sa répartition géographique ou le degré de fragmentation des populations.
En confrontant la situation de chaque espèce aux différents seuils quantitatifs fixés pour chacun des cinq critères, les espèces peuvent ensuite être classées dans l’une des 11 catégories suivantes :
- Espèces éteintes : éteinte au niveau mondial (EX), éteinte à l’état sauvage (EW), éteinte au niveau régional (RE).
- Espèces menacées d’extinction : en danger critique d’extinction (CR), en danger (EN), vulnérable (VU).
- Espèces proches du seuil des espèces menacées : quasi menacée (NT).
- Espèces pour lesquelles le risque d’extinction est faible : préoccupation mineure (LC).
- Espèces pour lesquelles l’évaluation n’a pas pu être réalisée faute de données suffisantes : données insuffisantes (DD).
- Espèces non soumises à évaluation : non applicable (NA), pour les espèces introduites récemment ou présentes dans la région uniquement de manière occasionnelle ou marginale.
- Espèces n’ayant pas encore été confrontées aux critères UICN : non évaluée (NE).
Documents de référence
- UICN France (2012). Catégories et Critères de la Liste rouge de l’UICN : Version 3.1. Deuxième édition. Gland, Suisse et Cambridge, Royaume-Uni : UICN. vi + 32 p.
- UICN France (2018). Guide pratique pour la réalisation de Listes rouges régionales des espèces menacées – Méthodologie de l’UICN & démarche d’élaboration. Seconde édition. Paris, France.
Listes rouges citées
-
Source :
– DREAL Bourgogne-Franche-Comté (Système d’information sur la nature et les paysages – SINP)Producteurs :
– Ligue pour la protection des oiseaux (LPO)
– Société d’histoire naturelle d’Autun (SHNA)
– Commission de protection des eaux, du patrimoine, de l’environnement, du sous-sol et des chiroptères (CPEPESC)
– Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire régional des invertébrés (CBN FC – ORI)
– Conservatoire botanique national du Bassin parisien (CBN BP)
– Office français de la biodiversité (OFB) -
– Observatoire national de la biodiversité (2019). Proportion d’espèces métropolitaines éteintes ou menacées dans les listes rouges. Fiche indicateur.
– Terraz, L., Dorbani, B. et Buffat, G. (coord.) (2020). 100 chiffres expliqués sur les espèces en Bourgogne-Franche-Comté. DREAL BFC – UMS PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), Besançon, 40 p. (d’après la version nationale du livret INPN 2019). -
– DREAL Bourgogne-Franche-Comté : www.bourgogne.developpement-durable.gouv.fr
Rubriques Biodiversité Eau Paysages > Nature et biodiversité > Les espèces et leurs statuts
– INPN (Inventaire national du patrimoine naturel) : inpn.mnhn.fr/programme/listes-rouges/presentation
Rubriques Programmes > Listes rouges
– IPBES : ipbes.net
– UICN : uicn.fr/liste-rouge-mondiale/