Evaluer le risque d’extinction d’une espèce
Évaluer le statut d’une espèce
Le statut de conservation d’une espèce est une donnée qui fait référence à l’évaluation de la situation dans laquelle se trouve la population d’une espèce. Cette évaluation permet de décrire l’ampleur du risque d’extinction de l’espèce à un instant donné.
Elle repose sur des critères spécifiques qui prennent en compte divers aspects de la biologie de l’espèce, de sa démographie, de son habitat, et des menaces qui pèsent sur elle. Ces évaluations sont généralement effectuées par des experts en conservation, des biologistes de la faune et d’autres scientifiques. Le statut de conservation d’une espèce est susceptible d’évoluer en fonction de l’augmentation ou de la diminution des menaces qui pèsent sur son existence. Ce statut est donc réévalué périodiquement, au moyen de systèmes rigoureux d’évaluation des risques.
L’évaluation du statut de conservation des espèces est un outil clé pour orienter les efforts de conservation, allouer les ressources et prévenir les extinctions. Elle s’appuie sur une analyse rigoureuse des données scientifiques relatives à la biologie, l’écologie et les menaces pesant sur chaque espèce.
La Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) constitue le bilan mondial du risque d’extinction des espèces. En France, son élaboration est portée par le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Comité français de l’UICN, avec l’appui de plus de 500 experts depuis 2008.
Qu’est-ce qu’une espèce menacée ?
Les listes rouges
Cet inventaire est le plus complet au niveau mondial pour évaluer l’état de conservation des espèces végétales et animales. Il repose sur des critères rigoureux, applicables à toutes les espèces et régions du globe, pour déterminer le risque d’extinction.
Les listes rouges régionales sont essentielles pour protéger la biodiversité à une échelle locale. Elles évaluent le risque d’extinction des espèces en tenant compte des conditions spécifiques de chaque région, ce qui permet de mieux cibler les actions de conservation. En se concentrant sur les besoins locaux, ces listes aident à prendre des décisions plus efficaces pour préserver les espèces menacées et à sensibiliser les communautés sur l’importance de protéger leur environnement naturel.
Ces déclinaisons régionales sont produites selon les préconisations de l’UICN et validées par le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN). Les listes rouges des anciennes régions Bourgogne et Franche-Comté seront à terme fusionnées pour être représentatives de la BFC.

Quelques exemples d’espèces avec des enjeux forts de préservation
L’Apron du Rhône
Petit poisson d’eau douce de la famille des percidés, l’Apron du Rhône est endémique du bassin Rhône-Méditerranée et surnommé le « roi du Doubs ». En Bourgogne-Franche-Comté, il ne subsiste plus que dans la Loue et le Doubs franco-suisse, après avoir perdu près de 90 % de son aire de répartition historique. Très sensible à la qualité de l’eau, il constitue un excellent indicateur du bon fonctionnement des rivières. Classé en danger critique d’extinction par l’UICN, il fait l’objet de programmes de conservation (LIFE, plan national d’actions) qui visent à restaurer la continuité écologique des cours d’eau et à limiter les pollutions.
Le Grand Tétras
Plus grand oiseau forestier d’Europe, le Grand Tétras ou grand coq de bruyère, habite les forêts d’altitude du massif jurassien, entre 950 et 1 700 mètres. Le mâle, noir aux reflets bleutés et orné d’une caroncule rouge au-dessus de l’œil, contraste avec la femelle, plus petite et rousse. L’espèce a besoin de forêts diversifiées et tranquilles, mêlant sapins, clairières et sous-bois riche en myrtilles. En Bourgogne-Franche-Comté, elle est classée en danger critique d’extinction : il ne resterait plus que moins de 250 individus sur le massif, répartis entre l’Ain, le Jura et le Doubs.
Le Lynx boréal
Plus grand félin d’Europe, reconnaissable à ses oreilles ornées de pinceaux noirs et à son pelage tacheté, le lynx boréal avait disparu du Jura à la fin du XIXᵉ siècle avant de recoloniser le massif dans les années 1970, à partir des populations réintroduites en Suisse. La Bourgogne-Franche-Comté abrite aujourd’hui le principal noyau français de l’espèce : près de 80 % des lynx de France vivent sur le massif jurassien. Ce super-prédateur discret, qui se nourrit surtout de chevreuils, joue un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes forestiers. Classé en danger en France, il reste menacé par les collisions routières et le braconnage, ses deux premières causes de mortalité, ainsi que par la faible diversité génétique de la population, qui fait peser un réel risque d’extinction régionale.